Le voyage de A

Crevée

Je suis crevée. Aujourd’hui était une grosse journée au boulot, surtout une grosse journée pleine de théorie. Je suis sortie du bâtiment avec un mal de crâne immense, je ne voulais qu’une chose : rentrer chez moi et m’allonger. Mais bien sûr, je suis sortie en pleine heure de pointe, je suis tombée dans les bouchons. Je n’en pouvais tellement plus que j’ai baissé le son de ma radio : ma tête allait exploser.
D’habitude les bouchons ne me posent pas tant de soucis. J’aime bien être dans ma voiture, j’écoute ma musique, je chante, je suis seule. J’aime encore plus conduire quand il pleut (je sais, je suis bizarre, ça effraie la majorité des gens, mais la pluie m’apaise). Mais là, je voulais sortir.
Sauf que A était devant moi alors je devais agir comme si tout allait bien.
Si vous débarquez, A est le garçon mignon qui travaille avec moi. Enfin, il travaille dans une structure différente, avec les personnes âgées plus précisément, mais pour la première semaine, nous restons ensemble avec l’organisme qui nous a embauché (qui est le même pour nous tous), afin d’apprendre à se connaître, à connaître la structure et pleins d’autres choses pas forcément utiles pour tout le monde.
Bref, nous sommes douze, un groupe vraiment sympa, et A est très charmant. On discute beaucoup, surtout de nos voitures enfaite, puisque nous sommes les deux seules personnes du groupe à posséder le permis et à avoir une voiture.

Nous étions garé l’un devant l’autre. Il est parti, je l’ai suivi.. Et l’on s’est suivi pendant une dizaine de minutes. Allez savoir pourquoi, chaque fois que l’on était à un feu je paniquais. Je sais que lorsque l’on regarde dans le rétro la voiture derrière, on voit très bien le conducteur, et je ne sais pas si j’étais complètement parano, mais je voyais ses yeux dans le rétro, alors je me disais "merde, A ! Sois glamour !". Mais j’étais tellement gênée que je faisais genre de trifouiller mes boutons (oui c’est ça, allume ta ventilation alors que tu n’en as absolument pas besoin, je suis cramée à 10 km !)
Finalement, au dernier feu rouge, j’ai opté pour le chant. Je ne connaissais absolument pas la chanson qui passait à la radio mais je chantais (c’était magnifique, vous auriez dû être là !).
Il a ensuite changé de file pour tourner à gauche. Son feu était rouge, le miens vert. En avançant j’ai vu qu’il tournait la tête, sans doute pour me faire un petit signe, me dire au revoir. Allez savoir pourquoi, la coincée que je suis a gardé la tête bien droite et a tracé. C’était le démarrage le plus rapide que j’ai fait et intérieurement je me suis félicitée de ne pas avoir caler. Imaginez la honte un peu. Le peu de crédibilité qui me restait aurait disparu soudainement.

Je suis rentrée chez moi, j’ai mangé, j’ai fait ma tasse de thé. Après avoir posté cet article, je pense que je vais regarder un épisode d’Orphan Black et que j’irais me coucher. Je commence plus tôt demain ...

Bonne nuit