Le voyage de A

Garder en tête mes objectifs

J’ai honte de moi.
Cette semaine a été une catastrophe. J’ai replongé dans mes crises. En sortant du boulot, je n’allais pas bien moralement, tout simplement parce que rien ne va entre mes parents. Mon père est de plus en plus absent, il a oublié mon anniversaire et je pense que la seule raison pour laquelle il m’a finalement envoyé un message est parce que Facebook le lui a rappelé. Ma mère m’a dit que d’ailleurs, ce jour là (j’étais partie en Angleterre), il est rentré complètement bourré à la maison. Elle lui a dit que la seule chose qui l’empêchait de divorcer était nous, et le fait que financièrement, la situation était loin d’être stable alors divorcer empirerait tout, pour eux deux.
Je sais que c’est vrai, et je sais que mon père est loin d’être le mari idéal, et le père idéal depuis quelques temps.

Je me rends compte maintenant que tout était illusion, il n’a jamais vraiment arrêté l’alcool. Et puis cela fait maintenant 3 ans que mon anniversaire passe à la trappe. Les deux dernières années, c’était parti en crise familiale et cette année, ça a tout simplement été qu’un petit message envoyé grâce à une notification.
J’ai été plus déçue que je pensais l’être, quand j’ai discuté de ça avec ma mère hier, je me suis surprise à sentir cette boule dans la gorge qui me dit "ma grande, c’est le moment de faire taire tes émotions immédiatement où tu seras un torrent dans les 2 prochaines minutes". Je pensais pourtant être plus forte que ça, je pensais être indifférente maintenant à ces situations, mais je pense que d’un côté j’espérais un petit geste pour mes 20 ans.. 20 ans, c’est quand même quelque chose dans la vie, c’est un cap, je pense que je m’attendais au moins à un message spontané de la part de celui qui m’a donné la vie, mais je pense qu’une fois de plus, mes espoirs ont dépassé la réalité.

Alors cette semaine, je me suis réfugiée dans la nourriture, je me suis empiffrée, puis j’allais me faire vomir, et ainsi de suite.
La personne que j’ai vu dans la glace ce soir n’est plus celle que je veux être. Mais le fait est que je n’ai plus aucunes nouvelles de M. Elle m’a envoyé un message assez inquiétant et n’a jamais répondu à mes mails. Encore une fois, me voilà abandonné.

C’est en écrivant tout cela que je comprends d’où peut venir mon scepticisme sur l’amour et l’engagement. Tout au long de ma vie j’ai été moquée, insultée, abandonnée, laissée, et ce, même par ma propre famille.

Mais c’est fini, il faut que je commence à vivre pour moi, et que j’arrête de me pré-occuper des autres. J’ai toujours vécu pour ma famille. Depuis mon plus jeune âge, je pensais que c’était à moi de tenir tout le monde unis, avec les problèmes d’argent de mon grand frère, la maladie et diverses crises de rebellions de ma soeur, mes parents pas si amoureux que ça avec un père très fier de lui, assez égoïste, enchainant dépression sur dépression en se réfugiant dans l’alcool et une mère à bout qui voit son monde partir en fumé, j’étais la seule personne d’essayer de rassembler tout le monde. J’ai toujours eu cette charge sur mes épaules. Avec le temps, j’ai fait taire mes émotions et je deviens un véritable mur quand je sors de mon cocon. Je m’en rends compte maintenant. Je viens de me rendre compte que je n’ai jamais pleuré en dehors de ma chambre, en regardant des films tristes… Et ces mêmes films tristes qui m’ont fait pleuré pendant plus d’une heure ne me font absolument aucuns effets quand je les regarde avec des gens parce que je deviens totalement insensible en présence de personne.

J’ai toujours essayé de me démener, pour tout le monde, mais je pense que la seule raison pour laquelle je me suis autant donné dans cette famille, cassée depuis le début de toute façon, c’est parce que je ne voulais pas me retrouver seule, alors que l’horrible vérité est que j’ai toujours été seule… Ou à peu près, ma mère a toujours été là pour moi, et au plus je grandis, au plus elle me parle, elle sait que c’est mon rôle dans la famille.. D’essayer de tout réparer..

Mais je pense qu’il est temps que je commence à vivre pour moi. Les autres, c’est fini, j’ai assez donné. Il faut que je garde la tête haute, et que je me trace un chemin afin de partir et devenir la personne que je veux être, la personne que j’avais en tête lorsque j’ai ouvert ce journal.

Si j’y arrive, ma récompense ultime sera à la hauteur de mes efforts.
Let’s do it