Le voyage de A

Here I am

Bonjour à toi cher journal, tu te demandes ce que je suis devenue depuis mon dernier écrit ?

Mes parents ont (enfin) divorcer. Après tous les soucis causé par mon père, il a décidé de quitter la maison sans dire au revoir à personne. Je me suis réveillée le dimanche 8 juillet et je l’ai vu claquer la porte, un bagage à la main. Ma soeur dormait, ma mère promenait le chien. Je suis montée dans la chambre de mes parents, ses étagères étaient vides ainsi que tous ses tiroirs. J’ai donc dû l’annoncer à tout le monde. Il a laissé à ma mère le soin de gérer toutes les merdes du divorce.

Il nous a finalement envoyé un message quelques jours après, disant que c’était mieux pour lui de partir comme ça, soit. "Reste polie avec. Donne des nouvelles, ça reste ton père." Ma mère s’inquiète pour sa santé, mais maintenant c’est à lui seul de se gérer et de faire face à ses soucis (bien qu’il n’en ai aucun bien sûr, il est parfait). Dimanche 15 juillet, finale de la Coupe du monde de football. La France joue, je réserve des places pour le voir sur écran géant avec mon frère, ma belle soeur et sa famille. Ayant pitié, on en prend un en rabe et j’envoie un message à mon père pour le prévenir. Sa réponse : "Coucou A. Désolé, je bosse le samedi (tiens, encore son travail), je serais crevé, je vais le regarder tout seul à l’appart."

La France gagne, je reçois un appel de mon père. Derrière beaucoup de bruit. Je lance donc un "dis donc, ils sont hyper joyeux dans ta rue, même au zénith ce n’est pas autant bruyant !" ce à quoi il répond "Ah non non on avait prévu d’aller regarder le match entre collègue dans un bar !". Cette phrase résume à elle seule les principales raisons de l’explosion de la famille :
1. L’alcool
2. Son travail qui compte plus que sa famille.

Alors j’en ai eu assez de vivre et d’attendre les autres et j’ai pris mon courage à deux mains.
J’écris ce post à 21:21 en direct de Mindarie, ville de l’Ouest de l’Australie. J’y suis depuis un petit peu plus de deux mois.

Je dois dire que les premiers jours étaient compliqués. Mon chien me manquait terriblement (et encore maintenant d’ailleurs, je n’ai qu’une hâte, retrouver ma grosse boule poil) et je m’en suis voulue après coup d’avoir laissé ma mère seule. Nous avons toujours été très complice et très proche. Et l’abandonner comme ça, en plein divorce, même pas un mois après le départ de mon père m’a paru égoïste..

Mais j’ai pris un autre rythme de vie. J’ai essayé de rencontrer des personnes, des jeunes voyageurs ou Au Pair mais je me suis rendue compte après un mois que si je n’avais rencontré personne c’était de ma faute.

Je n’ai jamais été seule. Je me suis toujours sentie seule, mais je ne l’ai jamais été. J’ai toujours "suivi" un groupe. J’adore mes amis, plus que tout, mais c’est dans mon caractère de m’inquiéter pour tout le monde mais moi, de faire ce qui rend tout le monde heureux sans prendre mes envies en considération, mais ici, je n’ai pas le choix, je suis venue seule et il fallait que je compte sur moi.

J’ai commencé à poster des annonces sur les groupes Facebook : "J’ai envie de partir en expédition dans l’Océan Indien pour observer les baleines au départ du port d’Hillary’s ce samedi à 9h, qui est intéressé ?"

Toutes les informations sont citées, j’ai eu de nombreuses personnes intéressées, certes, mais toutes avaient quelques choses à redire "Et si on partait du port de Fremantle ? Il y a une promotion" (si je voulais partir de ce port je l’aurais dis merci.) "Je ne suis pas disponible ce samedi, on ne peut pas y aller dans 2 semaines ?" (non, si je voulais y aller dans deux semaines je l’aurais précisé.) Pleins de petites choses comme ça qui m’ont fait prendre conscience que j’aimais mon temps à moi.

C’est comme si j’étais partie de mon train-train pour me créer ma propre bulle. Je vis pour moi, je fais ce dont j’ai envie, quand j’en ai envie sans avoir à consulter personne ou me sentir coupable de faire quelque chose dont j’ai envie en me souciant de ce que pense les autres.

Mon séjour ici sera très bénéfique niveau affirmation de soi et je redoute déjà mon retour en France, bien que j’ai le temps !