Le voyage de A

Ma plus grande peur

Aujourd’hui, j’ai été confronté à ma plus grande peur.. Celle de passer devant du monde, de parler, de faire une démonstration devant un groupe de personne.

En effet, j’ai été formée au PSC1. Donc aujourd’hui, je n’ai pas travaillé dans ma structure mais j’ai passé la journée avec mes 10 autres camarades et un très gentil pompier. C’était sympa. Beaucoup de théorie. Et puis BAM, la pratique. J’essayais de me cacher au mieux, et j’avais presque réussis ! Mais voilà, en fin de journée, le gentil pompier a voulu faire une dernières "mise en situation" et cherchait quelqu’un. C’est là que A a lancé " A.(moi) se cache !".
Qu’est ce que je disais sur lui ? Qu’il était craquant ? On oublie tout ! Je l’ai détesté. Déjà que lorsque l’on était par deux et que l’on s’entrainait aux gestes je ne me sentais pas bien alors là.. Seule… Devant toutes ces personnes. J’avais envie de pleurer.

Depuis mon plus jeune âge, on m’a appelé par tous les noms possibles et imaginables, on a fait des chansons sur moi, on m’a poussé au suicide. Autant vous dire que je sors de tout ça avec zéro estime de moi-même. Et puis, mon surpoids me complique la vie. Instinctivement je me dis "Ils vont se moquer de moi".
Bien sûr, puisque j’étais très discrète, le (pas-si-gentil-que-ça) pompier a fait une situation bien compliqué, où il me bloquait sans cesse. (bon, même si j’ai eu un massage gratuit pendant que je faisais le massage cardiaque au médecin, je ne voulais qu’une chose : qu’il me libère et m’envoie m’asseoir). Ça a duré 10 longues minutes, je n’en pouvais plus, puis il a fait un très long compte rendu sur moi (pas mauvais hein, mais du coup j’étais encore de nombreuses minutes seule au milieu face à tous), c’était de la torture.

Au déjeuner, nous avons tous mangé au restaurant municipale de la ville. J’étais juste à côté de A. et en face du pompier (autant vous dire que j’étais très mal à l’aise pendant tout le repas). Le pompier n’arrêtait pas de me poser des questions, sur mon parcours etc.. Quand je lui ai dit pour l’école de maquillage, il a trouvé ça hyper cool et m’a demandé si je pouvais faire le maquillage pour la partie "plaie et hémorragie" de l’après midi. J’ai bien sûr accepté.
Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas pratiqué. L’école et les enseignants avaient réussi à m’en dégoûter alors que je vivais pour ça.. Et j’ai re-découvert ce plaisir. Tout le monde s’étaient mis autour de moi pour regarder la plaie bien sanglante que je faisais sur l’avant bras d’une des filles du groupes. Et je me suis rendue compte que ça ne me gênait absolument pas d’être regardée pendant que je travaillais sur ça. J’ai même beaucoup aimé ça. C’était comme si le maquillage était un bouclier et me protégeait de toutes les pensées négatives que JE pouvais avoir. Ils admiraient mes gestes professionnels, ils me posaient pleins de questions, ils admiraient le fait que je puisse prendre une bouteille dans cette manette que le pompier m’avait donné, en sachant à quoi il servait, ils admiraient mon travail. Si je dois retenir une chose de cette journée, c’est que j’ai envie de me remettre au maquillage. C’était mon truc, et je sais que j’étais douée pour ça.
Il faudrait que je trouve le courage de revenir sur mon compte Instagram, et m’y remettre.
Ça sera mon travail pour la fin d’année.