Le voyage de A

Again and again and again

Cher Journal,

Aujourd’hui je me suis réveillée beaucoup trop tôt par rapport à mon heure de coucher, mais je n’ai pu m’empêcher de penser à Al et au fait que non, je n’avais toujours pas reçu de messages de sa part.

Alors j’ai craqué une nouvelle fois et lui ai envoyé un message, lui disant que je m’inquiétais pour lui, que j’espérais que lui et sa famille aillent bien, que je lui souhaiter une bonne reprise de travail et que j’espérais que l’on se voit rapidement.. Je n’ai à cette heure ci toujours aucune réponse et je pense que mon acharnement va s’arrêter là.. Et me voilà le coeur brisé.

Pour me changer les idées, et pour finalement mettre à application mes bonnes résolutions, j’ai fais une petite séance de sport de 30 minutes. C’est un bon commencement. Si Al ne veut pas de moi, alors je vais changer et apprendre à m’aimer toute seule

En ce lundi 2 septembre, mon poids est de 115,2 kg. Mon premier objectif est de perdre 5kg en ce mois de septembre. Le combat contre ma boulimie sera difficile, étant donné que mon moral n’est vraiment pas au rendez-vous.

En parlant de moral et de combat personnel, cher journal, je m’excuse de te décevoir mais j’ai également replongé dans une des périodes les plus sombres de ma vie, une période qui m’a été très difficile de mettre de côté, et bien que j’étais contente de ne pas avoir eu à faire à cette pratique pendant près de 2 ans, c’est désormais une défaite.
Cher Journal, oui, je me suis mutilée.

Le fait est que jamais, jamais dans ma vie je n’ai versé une larme. Même durant mon enfance. On a souvent pensé que j’étais froide, que j’étais "sans coeur", que je n’avais aucune empathie.. Pourtant, la semaine dernière je ne pouvais arrêter mes larmes de couler en pensant à l’absence de Al. Dés que j’étais seule chez moi, les larmes coulaient, sans pouvoir me calmer, et après 3 jours de combat, la seule façon que j’ai trouvé pour arrêter momentanément mes larmes, c’est d’extérioriser la douleur que je ressentais à l’intérieur, comme je le faisais si bien durant toutes mes années d’adolescence. Mes larmes se sont en effet arrêtées, pour une petite heure avant de refaire surface. Et pendant cette période de calme je me suis haïs, mais au moment où je t’écris, il n’existe plus un centimètre de peau qui n’est pas traversé par une coupure sur mes cuisses.

En ce moment je me sens vide, j’ai envie de pleurer, d’hurler, mais rien ne vient. Je suppose que j’ai épuisé mon stock de larmes.
Il était tout ce dont j’avais besoin, et en si peu de temps il est devenu la personne la plus important pour moi. Il avait quelque chose qui me poussait à lui parler de choses dont je n’avais jamais parlé jusqu’à présent. Ses lèvres me manquent terriblement et je donnerais, tout, absolument tout pour pouvoir l’embrasser une dernière fois. Ses mains sur ma peau, ses bras autour de moi.. Tout. Et chaque nuit, alors que je ferme les yeux pour essayer de dormir, les images de notre dernière nuit ensemble m’apparaissent alors le seul moyen que j’ai trouvé pour m’empêcher de ressentir une peine encore plus grande et de m’empêcher de dormir.
En faisant les magasins dans la semaine, j’avais trouvé un livre sur son sujet préféré d’histoire, je lui ai acheté, malheureusement je ne sais pas si j’aurais l’occasion de lui donner, et chaque fois que j’entre dans ma chambre, je le vois, assis sur mon bureau, à me narguer, et ça me fait terriblement mal..